Chacun sa chimère (Spleen de Paris - Baudelaire)
"Sous un grand ciel gris, dans une grande plaine poudreuse, sans chemins, sans gazon, sans un chardon, sans une ortie, je rencontrai plusieurs hommes qui marchaient courbés.
Chacun d'eux portait sur son dos une énorme Chimère, aussi lourde qu'un sac de farine ou de charbon, ou le fourniment d'un fantassin romain.
Mais la monstrueuse bête n'était pas un poids inerte ; au contraire, elle enveloppait et opprimait l'homme de ses muscles élastiques et puissants ; elle s'agrafait avec ses deux vastes griffes à la poitrine de sa monture ; et sa tête fabuleuse surmontait le front de l'homme, comme un de ces casques horribles par lesquels les anciens guerriers espéraient ajouter à la terreur de l'ennemi.
Je questionnai l'un de ces hommes, et je lui demandai où ils allaient ainsi. Il me répondit qu'il n'en savait rien, ni lui, ni les autres ; mais qu'évidemment ils allaient quelque part, puisqu'ils étaient poussés par un invincible besoin de marcher.
Chose curieuse à noter : aucun de ces voyageurs n'avait l'air irrité contre la bête féroce suspendue à son cou et collée à son dos ; on eût dit qu'il la considérait comme faisant partie de lui-même. Tous ces visages fatigués et sérieux ne témoignaient d'aucun désespoir ; sous la coupole spleenétique du ciel, les pieds plongés dans la poussière d'un sol aussi désolé que ce ciel, ils cheminaient avec la physionimie résignée de ceux qui sont condamnés à espérer toujours.
Et le cortège passa à coté de moi et s'enfonça dans l'atmosphère de l'horizon, à l'endroit où la surface arrondie de la planète se dérobe à la curiosité du regard humain.
Et pendant quelques instants je m'obstinais à vouloir comprendre ce mystère ; mais bientôt l'irrésistible Indifférence s'abattit sur moi, et j'en fus plus lourdement accablé qu'ils ne l'étaient eux-mêmes par leurs écrasantes Chimères."
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J'ai lu ça ce matin, non pas que j'adore, mais je me demande ce que prenait Baudelaire dans son café le matin du coup..et j'avais envie de tourner une page, une page après l'autre..j'avance
ma chimère à moi?..je ne veux pas y penser
Je cours (courir est un grand mot..) désormais à l'ambassade pour voir comment faire pour voter aux présidentielles (hoho)
9.1.07
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16 commentaires:
au fait amis Bloggers, je n'arrive pas à accéder aux blogs HautetFort, Koan, Fleur, Kintana, Varna..!
"...sous la coupole spleenétique du ciel, les pieds plongés dans la poussière d'un sol aussi désolé que ce ciel, ils cheminaient avec la physionimie résignée de ceux qui sont condamnés à espérer toujours."
Quand Baudelaire faisait sa tournée des académiciens pour espérer occuper une chaise à l'Académie... il tomba sur ce noble Vigny qui lui a dit : " Vous êtes plus grand à l'extérieur qu'à l'intérieur..." ... quand j'avais lu ça... je le voyais à peu dans cet état en quittant Vigny... "sous la coupole..."
U...
(c'est dommage qu'on est passé à un autre sujet... j'aurais voulu continuer à parler du matou...)
Prends bien les virages de la vie Anne...
Surfer d'une crête à l'autre des profondes lames de fond ...tout un art de vivre l'air de ce temps en souplesse ...pas si loin que ça du matou ...et de la poésie de Baudelaire ...Bien raide Vigny...va se casser ...
J'ai l'impression que ce sujet a fait fuire les habitués qui venaient prendre le thé ici...
U...
c'est possible
mais je tiens à me livrer telle que je suis
et je mettrais bien "angoisse" de Verlaine
mais quand Verlaine parlait du sexe, je ne vois que le sexe, pas l'amour.. je trouve ça dommage
mais "angoisse" c'est autre chose
A vrai dire je peux comprendre qu'on ne dise rien aussi
ça ne me dérange pas trop je crois
un ami m'a demandé si j'en avais fini avec Baudelaire..
est ce si triste ?
ce qu'il dit là, je crois que je le vois depuis toute petite
Simone tu passes par ici ?
Tu as quelque chose à me demander ?
Au fait c'est ce que dit ton ami ou ce que dit Baudelaire que tu vois depuis toute petite ?
baudelaire, les gens avancent courbés avec un poids sur leurs épaules, comme si de rien était
non rien à te demander, tu me manques un peu voilà tout
hier je ne parvenais pas à me connecter à msn
et ce matin au forum
et le blog d'Holly non plus, tu y as mis de nouvelles choses Holly ?
et les mails non plus ce matin
..bref il n'y a plus que ùon blog et le forum de slam auquel j'ai accès...crotte !!
Cette histoire de Baudelaire décrit tous les citadins du monde sous le joug du commmerce et de la politique qui avancent comme des boeufs sans bien savoir où ça conduit, encore que l'atmosphère de plus en plus irrespirable ne présage vraiment rien de bon...
Anne > Tu es adorable mais tu es terrible,Enfant, avec tes intentions de fer . Tu me manques un peu toi aussi .
Koan> Chimère ou chimère devenu fatal engrenage?
je n'ai toujours pas accès à notre forum ! :(
Good words.
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